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L’agresseur de Fabien Thiémé condamné à de la prison ferme

VA-INFOS.FR du 9 septembre 2016


En comparution immédiate, l’agresseur de Fabien Thiémé a été condamné à une peine de 7 mois de prison ferme par le TGI de Valenciennes. Sa femme ; également en comparution immédiate, a été condamnée à des TIG (Travail d’intérêt Général).

Retour sur l’agression de Fabien Thiémé

Lundi 05 septembre en soirée, Fabien Thiémé se rendait à un rendez-vous chez son médecin sur le coup de 19H30 ; toujours au contact de la population le premier magistrat discute avec les jeunes etc. Soudain, M.X l’interpelle pour obtenir des informations, le maire lui répond qu’il faut se rendre à la permanence.

C’est à cet instant que le maire de Marly reçoit deux coups dans le dos, un coup à la nuque et un dans l’omoplate accompagné d’outrages verbaux et de menaces de mort. La compagne de M. X, mariée, 4 enfants dont un de neuf ans, a tout d’abord voulu calmé son mari. Puis, elle a proféré une menace de mort envers un détenteur de l’autorité publique.

Une confrontation a eu lieu où l’agresseur présumé a reconnu l’intégralité des faits. La Police Nationale a également constaté qu’il était dans un état d’ébriété avancé (2,62 gr). « Durant cette confrontation, devant le brigadier, il a déclaré- quand je sortirais, je vais me le payer« , précise le maire Fabien Thiémé qui n’était pas à l’audience.

Le Procureur de la République, François Perain, a demandé un contrôle par un médecin légiste. Ce denier a constaté une ITT d’une journée mais surtout le « trouble émotionnel de la victime« , comme l’a souligné Mme le juge. Depuis peu, l’édile de Marly était sorti de sa convalescence suite à une opération au coeur d’une gravité importante.

Sur les faits, il n’y a pas vraiment eu de débats puisqu’ils ont été reconnus par M. X et Mme X. Au niveau personnalité, il est indéniable que ce couple est dans une précarité manifeste, 3 de leurs enfants sont placés et le dernier le sera immédiatement. Maître Delcourt, avocate de Mme X, a expliqué dans sa plaidoirie un "raz le bol, ils sont au bout du rouleau. Monsieur a travaillé durant plusieurs années à la municipalité avec M. Duée, puis 2 ans avec M. Thiémé, la fin de contrat en 2010 est encore vécu comme un rejet".

Maître Harbonnier, avocat de l’édile de Marly, plantait un décor social commun aux villes du Valenciennois et partagé par les deux parties. « Avant, dans ces communes, comme Marly, tout le monde avait un emploi. Aujourd’hui, personne n’a un emploi. La seule solution est de demander un travail au maire qui ne peut pas en fournir un à tout le monde voire un logement à chacun. Ces faits résultent d’un raz-le-bol d’inactivité. »

Il appuie clairement sur l’agression d’un homme dépositaire de l’autorité publique, absent au procès, Fabien Thiémé souligne : « Lundi, nous avons franchi la ligne de démarcation, où va-t-on ? »

Les demandes

Sur le contexte de l’agression, l’alcool est au centre de tout » je n’ai plus d’emploi donc je bois« . Une déclaration qui a rempli de perplexité Mme la vice-procureur « ce n’est pas parce que vous n’avez pas d’emploi que vous devez boire ! »

Mme la Vice-Procureure, Aurore Jean-Baptiste, concède "une situation sociale extrêmement difficile. Néanmoins, on ne peut exiger des autorités publiques qu’ils vous trouvent un emploi. Il n’y a pas de la part de Fabien Thiémé une volonté de nuire, une intention personnelle et ce n’est pas un motif pour haranguer, outrager et violenter le maire de la commune".

Dans son réquisitoire, la vice-procureure a réclamé 4 à 6 mois de prison ferme et une levée partielle de son sursis, 2 mois, puisque M. X est en situation de récidive légale (6 mois avec sursis).

Pour Mme X, avec un casier vierge, la vice-procureure a demandé 4 mois de prison ferme.

Au niveau de la partie civile, Maître Harbonnier a ramené un chiffrage du CCAS à 1784 euros d’aide sociale mensuelle ; un point de désaccord avec les avocats des prévenus calculant à un peu plus de 1 000 € l’aide sociale par mois. De fait, Fabien Thiémé a réclamé à M. X l’agresseur d’un maire sur la place publique et devant ses administrés, la somme de 6 000 € pour le préjudice physique, 5 000 € pour le préjudice moral et 3 000 € le préjudice à l’autorité du premier magistrat « car un maire, c’est sacré »

Pour MMe X, la partie civile a réclamé 3 000 € pour le préjudice moral, 2 000 € pour le préjudice à l’autorité et 800 €, à chaque prévenu, conforment à l’article du code pénal.

La défense

Maître Delcourt, avocate de Mme X, a mis en exergue la situation de précarité sociale et familiale. « Voir 3 de ses enfants placés, et donc reconnus ne pas être en capacité de s’en occuper, est déjà terrible. Ensuite, M. X attend un emploi depuis 6 ans. Il vient aux permanences depuis 6 ans. Jusqu’à la semaine dernière, il y croyait encore. A un moment donné, il faut avoir le courage de lui dire, je ne peux pas vous fournir d’emploi et de logement. Les allocations servent, en majorité à fournir des moyens financiers aux enfants (placés). Cette situation d’oisiveté, de déchéance, ils ne la supportent plus« . L’avocate a demandé une peine sous la forme d’un TIG pour MMe X.

Pour Maître Le Bot, du cabinet Dominguez, avocate de M. X, « c’est une situation de rejet social. Il n’y a plus rien auquel se raccrocher, le dernier enfant va être placé. Je vous demande d’éviter une sanction qui va aggraver leur cas« . L’avocat ajoute que les insultes ou phrases injurieuses « font un peu partie du métier de maire… ! »

Le délibéré

Après délibération, Mme la présidente, le juge Tahon, annonce les peines :

– Pour M.X, il est condamné à 5 mois de prison ferme plus une levée partielle de son suris-2 mois. Au total, il est maintenu en détention pour une durée de 7 mois ferme. Au niveau de la partie civile, il est condamné à payer 100 € pour le préjudice physique, 400 € pour le préjudice moral et 250 € pour l’article 475-1 du code pénal.

– Pour Mme, elle est condamnée à 100 heures de TIG, 100 € pour le préjudice moral et 250 € dans le cadre de l’article 475-1 du code pénal. Le plus urgent est « votre cure de désintoxication à l’alcool« .

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