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Une avant-première Nationale à Marly : la projection du film "Les Hommes d’Argile"

Une nouvelle vidéo rétrospective de la soirée du 2 juin dernier :

Dans la Salle des Fêtes, le silence est pesant, dans l’intimité de l’ambiance de salles obscures, 350 personnes retiennent leur émotion. Les images défilent, elles décrivent la beauté des pays, de la nature, elles s’attachent aux relations qui vont se nouer entre ces hommes, désormais unis par une même peur. La violence de l’armée française, celle de certains notables marocains qui furent les complices de cette mise au pas forcée.

D’emblée, le réalisateur montre les gros plans d’anciens combattants africains, le visage ravagé par le temps. Certains d’entre eux sont regroupés dans les foyers Sonacotra des blocs d’habitations aux conditions sanitaires douteuses. Séparés de leur famille, réduits à la mendicité, ces hommes n’hésitent pas à dire. « Notre situation est celle de prisonniers inconnus » ou « le ventre est ici, mais la tête est ailleurs ».

Ce sont également les humiliations racistes, les amis qui meurent dans les bras sur le champ de bataille et le pays d’origine qui manque cruellement. Le dernier long métrage du réalisateur bruxellois Mourad Boucif « Les Hommes d’Argile » est tout à la fois une œuvre de mémoire majeure, exhumant des cendres du passé les grands oubliés de l’histoire (les valeureux soldats Africains et Asiatiques issus des colonies françaises) et leur sacrifice, si injustement méconnu, pour libérer la France, l’Europe et le monde de la barbarie nazie.

Ce film magistral et un véritable hymne à la vie, un bel univers plein de sensibilité. Le public s’est laissé emporter et transporté par l’humanité et la force poétique qui s’en dégagent. Après cent neuf minutes de projection, debout le public ovationne, sur des visages coulent des larmes d’émotion. « La participation tragique de tous les Africains, Asiatiques issus des colonies françaises aux plus grands conflits mondiaux est un sujet très important. Plus de 940 000 hommes ont contribué à la libération du monde, du joug et de la barbarie nazie durant la seconde guerre mondiale » relate Mourad Boucif, avec à ses côtés les comédiens, le Maire Fabien Thiémé, Laurence Morel, adjointe à la culture, Virginie Melki-Tettini, adjointe à la vie des quartiers, Alain Mamolo, adjoint à la vie associative, Didier Cayez, adjoint aux finances, Anthony Xerra responsable du PIJ et Audrey Huin, directrice de la communication.

« Ce long-métrage ne se contente pas de retracer uniquement cette grande injustice et sa dimension historique. En ces temps assez troubles ou la rencontre interculturelle, la cohabitation entre les différentes communautés sont stigmatisées, notre long-métrage nous invite à voyager à travers nos profondeurs sacrées, les Hommes d’Argile préfèrent éveiller les consciences" a également retracé l’auteur et cinéaste Bruxellois. Même avis pour Aldelkrim Quissi, ancien champion de boxe anglaise, chorégraphe, cascadeur et acteur dans ce film. « Ce film porte une profondeur d’âme qui va contre l’oubli, nous sommes tous des hommes normaux qui avons le même sang ».

Le propos de Mourad Boucif est bien de dénoncer : il s’agit aussi d’interroger la nature humaine, ce qu’elle peut faire jaillir d’horreurs et de beautés dans des situations extrêmes.

« Le sacrifice de ces enfants, jeunes et de ces hommes est occulté dans les manuels d’histoire. Ce film est une reconnaissance tardive pour ces centaines de milliers de soldat parfois enrôlés de force, et dont beaucoup sont morts ou terminent leur vie dans des conditions scandaleuses des foyers SONOCOTRA » a relevé Fabien Thiémé. « Je remercie Anthony Xerra, figure de notre ville, qui lorsqu’il m’a présenté le projet, et m’a permis une rencontre avec Aldelkrim Quissi, j’ai tout de suite accepté. Cette contribution est celle des Marlysiens et Marlysiennes pour le travail de mémoire. Cette avant-première nationale ouvre l’espoir d’une sortie prochaine dans l’hexagone » a plaidé le maire.

Les gens ont débattu, posés des questions, fait part de leur ressenti, de leur émotion.

Visiblement bouleversée, envahie par l’émotion, le cœur serré, une dame dira toute sa reconnaissance et son admiration pour ce film. « Le devoir de mémoire doit se transmettre de familles en familles, j’ai trouvé une grande symbiose entre l’homme et la nature, je suis éblouie par tout ce que vous avez fait. Vous êtes formidables, il est temps que cette période de l’histoire rentre dans nos livres ». Démontrant un vif intérêt, les gens ont adressé leurs félicitations, leurs remerciements, ont interpellé...

Les questions ont fusé : Dans quels endroits ont été tournées les scènes du film ? Quel est son budget ? Les comédiens sont-ils des professionnels ? Le film va-t-il être projeté dans des séances en direction des scolaires ? Peut-on envisager de le voir dans les cinémas nationaux ? Quelle ville voisine l’a-t-elle déjà programmée ? … A chaque fois, tour à tour, Aldelkrim Quissi et Mourad Boucif, ont répondu avec précision. Parmi d’autres, le mot de la fin, reviendra à l’attachée culturelle de la ville de Douchy. « Dans notre commune, nous avons un cinéma de 200 places, seriez-vous d’accord pour une projection publique ? Nous souhaiterions organiser des séances avec les scolaires suivies de rencontres débats, comme c’est le cas ce soir ? ». « En Belgique ce film a suscité un grand intérêt chez les scolaires. Oui nous sommes disponibles, pour mener le combat pour porter le message de paix et de solidarité. Nous vous invitons donc à faire passer le message » a rebondi Mourad Boucif, sous un tonnerre d’applaudissements.

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Lire l’article de va-infos.fr ici :

Vidéo : va-infos.fr

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Notes

[1SYNOPSIS : Le jeune Sulayman vit au Maroc dans « la roche d’argile », en parfaite harmonie avec la faune, la flore. Orphelin, il a été élevé par un vieil ermite que l’on surnomme l’homme « Aux veines turbulentes ». Au moment où éclate la deuxième guerre mondiale, le jeune berger est enrôlé de force dans l’armée française. Il se retrouve à sillonner des terres inconnues pour lui, aussi intrigantes que dangereuses. Plongé dans les atrocités de la guerre, il décide de chercher à tout prix une forme d’humanité dans la destinée de ce contingent de soldats marocains embarqués, malgré eux, dans un conflit qui ne les concernait guère.


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