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Et de 330 (étapes) pour le Marlysien Noël Galland !

La 102e édition du Tour de France s’est achevée ce dimanche 26 juillet. Quelques jours plus tôt, entre Lannemezan et le plateau de Beille, le Marlysien Noël Galland vivait sa 330ème étape. Pas en tant que coureur, non, bien qu’il ait toujours eu la passion du vélo chevillée au corps. Mais en tant que fidèle « suiveur » de la Grande Boucle.

Le 3 juillet 1994, autant dire hier, « La Voix du Nord » consacrait un article à Noël Galland, sous le titre « Noël, en juillet ». Depuis, l’expression a fait florès. Le hasard veut même qu’on la retrouve dans une autre publication consacrée à la Grande Boucle : « Jours de fête, la grande histoire du Tour de France » (parue en 2012), pour évoquer la présence de Tino Rossi sur une étape du Tour. Noël Galland ne peut s’empêcher d’y voir un amusant clin d’œil, lui qui a eu, depuis, les honneurs de nombreux médias.

Il faut dire que sa passion, si elle n’est pas nouvelle, prend une forme pour le moins originale. « Je suis passionné de vélo depuis 1956. A l’époque, j’avais une dizaine d’années. Mon père et moi écoutions la retransmission du Tour de France sur la TSF. Je me souviens de la victoire de Walkowiak, et d’avoir eu du mal à répéter son nom à mon père, ce qui m’a valu de me faire… », disons « enguirlander ».

Loin d’être échaudé par cette manifestation de l’ire paternelle, Noël Galland continue à suivre le Tour de France avec ferveur. Et, plus généralement, tout ce qui s’apparente à une épreuve cycliste. A commencer par le Grand Prix de Fourmies, sa ville d’origine. Ou le Grand Prix de Denain et les Quatre Jours de Dunkerque, pour ne citer que les courses régionales sur lesquelles il se rend… en train !

Car Noël Galland a fait toute sa carrière à la SNCF. Un statut qui lui a permis de voir du pays sans dépenser le prix de la course. En effet, chaque été ou presque, et ce depuis des décennies, Noël Galland prend le train, direction six ou huit étapes de la Grande Boucle judicieusement choisies. « Dès que le parcours du Tour de France est officiellement connu, courant octobre, je sélectionne mes étapes. »

Première condition : qu’elles soient situées près d’une gare. A part le train, Noël Galland n’a d’autre moyen de locomotion que ses pieds. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont largement mis à contribution. « J’ai déjà fait plus de 40km à pied en une journée », témoigne-t-il, tout sourire.
La vie de Noël Galland sur le Tour est réglée comme du papier à musique. A peine descendu du train, il se met en quête de nourriture – Tous les cyclistes vous diront l’importance du « ravito » – puis d’un hébergement. « Il m’est arrivé plus d’une fois de ne pas trouver de chambre, les hôtels ayant été pris d’assaut, et de dormir à la belle étoile. » Comme cette nuit au col de la Madeleine : « Dans la journée, il avait fait 22/23°C. Mais la nuit, la température est tombée à 2°C. Au petit matin, des camping-caristes belges sont venus me réveiller avec du café. »

Des histoires de belles rencontres, sur le Tour, Noël Galland en a plein sa musette, depuis le temps. « En 1997, j’ai fait la bringue avec des Allemands », se souvient-il encore. Au-delà de l’aspect sportif qui lui plaît tout particulièrement – D’ailleurs met-il un point d’honneur à se positionner à quelques centaines de mètres seulement de la ligne d’arrivée, pour bénéficier du spectacle du sprint final sans être gêné par la foule ou les installations de sécurité –, Noël Galland aime l’aventure humaine que représente le Tour de France.

Rien ne lui fait plus plaisir que de pouvoir occuper ses cinq ou six heures d’attente, minimum, en discutant avec les techniciens, les journalistes, etc. Au point d’être devenu le « petit Père Noël » du commentateur sportif et voix du Tour de France, Daniel Mangeas, qui lui a dédicacé son livre « Vivement le Tour ». Et d’avoir fait à plusieurs reprises les ouvertures estivales de la presse locale.

Noël, en 2015 (et après)

Mais cette 102e édition du Tour de France, qu’en a-t-il pensé ? Et comment l’a-t-il vécue ?

« Ce fut une excellente édition », estime-t-il. En régional de l’étape, il a logiquement suivi l’arrivée à Cambrai et, le lendemain, le départ d’Arras, avant de remonter aussitôt dans le train, direction Amiens et l’arrivée de la cinquième étape ! Après plusieurs journées dans le sud-ouest, Noël Galland a vécu sa 330ème étape entre Lannemezan et le plateau de Beille. Les autres ? Ils les a suivies à la télévision ; de préférence sur les chaînes belges, dont il apprécie la qualité des commentaires.

L’an prochain, Noël Galland compte bien monter dans le train, à nouveau, pour son traditionnel rendez-vous avec la Grande Boucle. Et ce n’est pas son épouse qui lui interdira de vivre sa passion. « Les rares fois où il n’a pu se rendre sur le Tour, il a rongé son frein pendant tout l’été, et il était de mauvaise humeur. » Alors, si elle s’avoue toujours un peu inquiète de le voir partir ainsi à l’aventure, elle ne lui en renouvelle pas moins sa bénédiction chaque année. Une belle preuve d’amour.

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NG

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