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Notre Dame de Macourt : la Chartreuse de Marly

En 1295, le Comte de Hainaut Jean II d’Avesnes, acheta à Jean Le Vilain, la "terre de Macourt en notre ville de Marlis dalèsValenciennes" et y fonda une Chartreuse, placée sous le vocable : Notre-Dame de Macourt.
Suivant certains, ce mot voudrait dire habitation près d’une rivière : MA... habitation, COURT... rivière. D’autres indiquent : Court voulant dire terre, MEA CURTIS : ma terre... MALA CURTIS mauvaise court ou mauvaise terre.

Le Musée de Valenciennes possède un tableau, représentant le Comte remettant aux Chartreux la charte de fondation, en 1298. Le texte de cette dernière y est lisible au complet.

Où était cette Chartreuse de Marly ?
Sur le plan de 1550, pourtour et bâtiments sont nettement indiqués, avec la mention "Chartrois" ; l’entrée y figure face au petit pont, au droit de la ruelle du Four.
Une description de terrains, sur le cartulaire des dîmes de 1751, situe ainsi cette propriété :
"20 mencaudées ou environ, ditte le vielle enclos des Pères Chartreux tenante au chemin de Montigny allant à Aulnoys etabordant à la rivière de Marly et à la Cense du Château de Marly..." c’est-à-dire la rue de la gare actuelle, à l’ouest, la rue de la Fontaine des Chartreux et la Rhônelle au nord, sensiblement la rue Adrien Weil à l’est et vers la ligne de chemin de fer au sud.
En 1342, la chapelle primitive fut remplacée par une église gothique de pur style : nous possédons la description des nombreux mausolées funéraires qui s’y trouvaient, ceux des bienfaiteurs, hauts personnages qui avaient voulu y être inhumés.

La Chartreuse N.-D. de Macourt avait pour blason : "d’azur à une Annonciation d’or, le tout posé sur une aire échiquetée d’argent et de sable". C’est-à-dire : fond bleu, avec la Vierge écoutant l’annonce de l’ange, ces deux personnages de couleur jaune ou or, le tout posé sur un carrelage à damiers d’argent (ou blanc) et noir.
Le sceau de la Chartreuse, que l’on voit encore sur plusieurs documents, représente aussi la scène de l’Annonciation.

Le 24 Août 1566, les protestants ou "Gueux" comme on les appelait alors, venant de Valenciennes, saccagèrent le couvent et en chassèrent les religieux. L’année suivante, les protestants revinrent et la démolirent de fond en comble.
C’est ainsi que disparut de Marly cette Chartreuse N.-D. de Macourt qui, pendant plusieurs siècles, fut la providence des malheureux, en même temps qu’un asile de travail et de prière : véritable flot de sainteté, autour duquel Marly s’est développé, ce qui réduit à néant cette stupide légende que, seuls répètent encore les ignorants et les sots : "Marly est bâti sur l’enfer".

Notre-Dame de Macourt, dont le culte vient d’être restauré, perpétuera le souvenir de la Chartreuse de Marly, qui fut rétablie à Valenciennes, près de la Place Verte, en 1575, date qui figure sur le dernier vestige en restant, à l’école de la Rue des Chartreux.
Le dicton rappelé ci-dessus trouve fort probablement son origine dans les multiples incendies, destructions et exactions diverses qui, chaque siècle, accablèrent Marly rendant "infernale" la vie de nos ancêtres.(Voir plus loin, l’article "ses malheurs" ).
Hormis le tableau du Musée de Valenciennes reproduisant sa charte de fondation, le seul vestige actuellement identifié et connu de cette Chartreuse de Marly est un reliquaire d’argent, attesté par un parchemin scellé en 1337 du sceau rond de la Chartreuse de "Macourt près de Valenciennes" précisant en latin qu’il contient un fragment du linceul de Marie, Mère de Dieu... Il se trouve actuellement en la Cathédrale de Lille.


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